phare de favàritx

Le phare de Favàritx : un gardien blanc et noir face à la Méditerranée

Dressé au nord-est de l’île, le phare de Favàritx apparaît soudainement après une route solitaire, comme une sentinelle face à l’infini marin. Son allure de phare zébré, noir et blanc, tranche avec le décor minéral qui l’entoure. Ici, peu d’arbres, peu de végétation, seulement des roches sombres, nées il y a près de 290 millions d’années. Cette austérité donne au site un charme brut, presque lunaire, qui détonne avec l’image plus verdoyante et balnéaire que l’on associe souvent à Minorque.

Un phare à l’allure unique

Avec sa silhouette rayée, Favàritx est sans doute le plus reconnaissable des phares minorquins.

  • Une tour cylindrique de 28 mètres, posée sur un promontoire rocheux à 47 mètres au-dessus de la mer.
  • Une spirale noire peinte sur fond blanc, comme une signature visible de loin.
  • Une lanterne grise coiffant la structure, protégée par une galerie.
  • Une maison attenante, autrefois habitée par les gardiens, donnant au lieu une atmosphère de bout du monde.
phare noir blanc favaritx

Comment accéder au phare de Favàritx ?

Le phare est situé à une vingtaine de kilomètres de Mahon, la capitale de Minorque. Afin de préserver ce cadre fragile, l’accès en voiture est limité entre le 1er juin et le 30 septembre. Durant cette période :

  • Vous pouvez laisser votre véhicule sur un parking aménagé, à environ 25 minutes de marche du phare. Les 2 – 3 kms de marche jusqu’au phare sont faciles, sur une route bitûmée et dans un très joli décor minéral qui m’e faisait m’a fait penser à l’Écosse. On est ici dans le parc naturel de S’Albufera des Grau.
  • Une navette relie également Mahon et le parking jusqu’au site.

Ces dispositions rendent la visite plus paisible, loin des files de voitures et du bruit des moteurs.

rando favàritx

Histoire d’un phare né des naufrages

Le phare de Favàritx n’a pas vu le jour par hasard. Sa construction répondait à un besoin urgent : mettre fin à une succession de drames maritimes. Malgré la présence du phare de Cavalleria, de nombreux navires continuaient à s’échouer dans ces eaux traîtresses.

Parmi les naufrages les plus marquants :

  • En 1898, le Ville de Rome, un vapeur de la Compagnie Générale Transatlantique française.
  • En 1906, l’Isaac Pereyre, reliant Marseille à l’Algérie.
  • En 1910, le Général Chanzy, dont le naufrage fut particulièrement tragique.

Ces catastrophes rappelèrent l’urgence d’un nouveau signal lumineux dans cette zone redoutée des marins. La décision fut prise d’ériger deux nouveaux phares : Punta Nati et Favàritx.

Construit par l’ingénieur Miguel Massenet, le phare fut mis en service en 1922. Depuis, il continue d’éclairer la côte, discret mais fidèle compagnon des navigateurs.

paysage favàritx

Une visite au rythme de la mer et du vent

Approcher le phare, c’est déjà une expérience. Le silence n’est troublé que par le bruit du vent ou le fracas des vagues. On s’y promène sans hâte, l’œil attiré tantôt par la silhouette du phare, tantôt par les formes étranges des roches alentours.

Beaucoup viennent en fin de journée pour profiter du spectacle du coucher de soleil. Le ciel se colore, la mer se dore, et le phare semble veiller avec une patience immuable. C’est un moment à vivre, que l’on soit seul, en couple ou entre amis.

Si vous souhaitez prolonger la découverte, deux plages proches offrent un décor idéal avant la tombée du jour (il vous suffit d’emprunter le Camí de Cavalls (GR223) ):

  • Cala Presili, petite anse tranquille avec vue sur le phare.
  • Cala Tortuga, plus large, bordée de sable clair et d’eaux transparentes.

Ces plages permettent aussi de se baigner dans une atmosphère bien différente de celle des stations balnéaires plus fréquentées de l’île.

route parking phare favàritx

La légende des flaques lunaires

Favàritx est aussi porteur de récits. Une légende locale raconte que marcher dans les flaques d’eau près du phare, lors des nuits de pleine lune, procurerait énergie et fertilité. Qu’on y croit ou non, la simple idée de ce rituel ajoute une dimension mystérieuse au site. Elle invite à regarder ce décor autrement, comme un lieu chargé de symboles.

Favàritx, un phare à part sur l’île

Parmi les phares de Minorque, Favàritx occupe une place particulière. Avec celui de Cavalleria, il fait partie des plus réputés de l’île. Mais à la différence d’autres sites, il séduit surtout par son ambiance. On y vient moins pour des explications techniques que pour ressentir une atmosphère.

Le phare se dresse comme un repère, un marqueur visuel autant qu’émotionnel. En le contemplant, on comprend mieux ce que signifiait la navigation d’autrefois, lorsque la lumière d’un phare représentait la frontière entre le danger et la sécurité.

Préparer sa visite

Avant de vous y rendre, gardez en tête quelques conseils :

  • Privilégiez la fin de journée, pour profiter des plus belles lumières.
  • Emportez de l’eau et un chapeau, surtout en été, car le site est aride et sans ombre.
  • Prévoyez de bonnes chaussures, si vous souhaitez marcher sur le Camí de Cavalls.
  • Respectez le site, en ne laissant aucun déchet et en suivant les chemins tracés.

Un lieu qui reste en mémoire

Le phare de Favàritx ne se visite pas comme un monument classique. Il se découvre par étapes : la route qui y mène, la marche dans ce paysage minéral, la rencontre avec sa silhouette rayée, puis le temps passé à contempler l’horizon. C’est une expérience qui marque par sa simplicité et par la force du décor.

En repartant, on garde l’image de ce gardien blanc et noir qui veille, imperturbable, face à la mer. Et l’on se dit que Minorque recèle encore bien des lieux où la nature et l’histoire se mêlent avec autant de justesse.

Charlie
Charlie

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