phare de contis

Le phare de Contis : une parenthèse noire et blanche entre forêt et océan

Il y a des lieux qui vous attrapent par la manche sans prévenir, juste parce qu’ils se dressent là, un peu seuls face aux vents de l’Atlantique. Le phare de Contis, je l’ai découvert au détour d’un séjour où je cherchais simplement un coin paisible pour marcher, respirer et regarder la mer s’agiter.

Situation : un phare posé entre pins et océan

Quand on arrive à Contis-Plage, ce qui surprend d’abord, c’est cette impression de bout du monde… sans vraiment quitter les Landes. Le phare de Contis se dresse légèrement en retrait du rivage, comme s’il avait choisi de prendre un peu de hauteur à l’abri des pins. Je me souviens avoir quitté la plage encore sablonneuse pour suivre un petit chemin bordé d’aiguilles de pin, avec ce parfum de résine chauffée par le soleil. La tour apparaît d’un coup, blanche, rayée de deux spirales noires qui lui donnent presque un air joueur ; un air de phare qui aurait décidé de se démarquer.

Contis-Plage dépend de la commune de Saint-Julien-en-Born, au cœur des Landes, et ce phare-là a une particularité qui plaît beaucoup à la tortue que je suis : c’est le seul du département. Pas de voisin pour voler la vedette. Sa tour mesure un peu moins de quarante mètres, mais avec la lanterne perchée au-dessus du niveau de la mer, la sensation de hauteur est bien réelle une fois en haut. Et puis il y a cette localisation, que je trouve presque poétique : coincé entre une forêt immense et l’Atlantique qui gronde, à plusieurs centaines de mètres en retrait du rivage. Un phare qui regarde la mer, mais depuis la dune, comme un observateur calme.

info phare de contis

Un phare avec du caractère : histoire et petites bizarreries

Tout commence au XIXᵉ siècle, lorsqu’un certain Napoléon III décide qu’il serait judicieux d’éclairer cette portion de côte. La construction démarre autour de 1860, et le phare entre en fonction trois ans plus tard. On aurait pu croire qu’il serait placé au bord de la plage, planté dans le sable comme une immense sentinelle. Mais non. Les ingénieurs préfèrent la dune et la forêt, un sol plus stable, moins capricieux que les abords immédiats de l’océan.

Ce qui fait sa singularité, ce sont ces deux bandes noires en spirale, peintes en 1937 par un artiste landais surnommé Menoune. Je dois avouer que je m’attendais à une décoration plus réglementaire, plus stricte : et pourtant cette fantaisie lui va très bien. Une manière discrète mais efficace de devenir un repère de jour.

Son histoire n’a pas été tranquille : la lanterne a été endommagée en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, puis le phare a progressivement modernisé son fonctionnement, jusqu’à devenir complètement automatisé en 1999. Il est aujourd’hui inscrit aux monuments historiques, ce qui ne surprend personne une fois qu’on a grimpé ses marches et découvert sa mécanique intérieure.

photo phare contis

Accès, tarifs et organisation : préparer sa montée

La première fois que je m’y suis rendue, j’ai eu cette pensée très terre-à-terre : “J’aurais dû mettre mes baskets.” L’escalier en colimaçon est étroit et le rythme imposé par les marches serrées demande un peu de rigueur. Rien d’insurmontable, mais autant être à l’aise.

On rejoint le phare en suivant le Chemin de la Lanterne, une route simple qui serpente entre les pins. On peut venir à pied depuis le centre de Contis-Plage ou même depuis certains campings situés à proximité , l’un des itinéraires forme d’ailleurs une petite boucle très agréable, d’environ une heure.

En haute saison, mieux vaut arriver tôt si vous avez besoin de vous garer. C’est le genre de détail qu’on oublie facilement, pris dans l’excitation de la découverte, mais croyez-moi : les parkings landais peuvent vite se remplir.

Les visites sont assez abordables : quelques euros par adulte, et un tarif symbolique pour les enfants. L’ouverture varie selon les saisons, avec une amplitude plus large en juillet-août. J’aime bien cette temporalité changeante ; elle donne presque l’impression que le phare s’adapte au rythme des vacanciers comme à celui des vents.

L’ascension : 184 marches et une vue qui s’apprivoise

J’ai beau aimer prendre mon temps, il y a une chose que je ne maîtrise pas encore très bien : la montée des escaliers en colimaçon. Les 184 marches du phare de Contis m’ont rappelé d’anciennes randonnées mal préparées, mais on finit vite par trouver son souffle et son rythme.

Une fois en haut, on débouche sur une plateforme circulaire qui semble flotter entre mer et forêt. La vue est superbe :

  • d’un côté, l’Atlantique qui déroule une plage immense, parfois calme, parfois nerveuse ;
  • de l’autre, la forêt des Landes, si vaste qu’elle pourrait faire croire qu’elle s’étend jusqu’au bout du monde.

Ce contraste est saisissant. Depuis le sommet, j’ai pris un long moment pour observer les dunes, les vagues, les silhouettes minuscules des surfeurs en contrebas. On aperçoit aussi l’intérieur du système optique, une belle surprise pour ceux qui aiment comprendre comment fonctionne un phare aujourd’hui.

Autour du phare : marcher, respirer, s’arrêter

Ce que j’aime à Contis, c’est que la visite du phare ne se suffit pas vraiment à elle-même. Elle se mêle naturellement à une balade, une session de plage, un pique-nique sous les pins. Lorsque je suis redescendue, j’ai laissé mes jambes se remettre du colimaçon en rejoignant la dune, puis la plage toute proche.

Le sable y est clair, la plage immense. Certains viennent pour surfer, d’autres pour se poser avec un livre ou juste regarder l’océan. Hors saison, c’est un bonheur absolu : le vent, les embruns et le phare qui apparaît encore au-dessus des pins.

La forêt invite aussi à la marche, même courte. Les sentiers sont accessibles, parfaits pour une promenade improvisée.

Voici quelques idées simples que j’ai beaucoup appréciées :

  • photographier le phare sous différents angles pour jouer avec ses spirales noires ;
  • combiner la montée avec une baignade ou une balade en bord de mer ;
  • s’installer sous les pins pour une pause tranquille, loin du bruit.

C’est un endroit où l’on peut venir en famille, en couple, seul, en mode sportif ou contemplatif. Tout est possible, à condition de ne pas se presser.

Pourquoi le phare de Contis vaut la visite

Ce phare n’est pas monumental, ni ostentatoire. Et c’est peut-être ce qui fait son charme. On y trouve une simplicité rare : une tour rayée, une forêt profonde, l’océan juste en face, et autant de temps qu’on veut pour se laisser absorber par ce décor.

C’est un repère pour les marins, mais aussi pour ceux qui aiment marcher en silence, pour les voyageurs qui cherchent un lieu un peu discret, pour les curieux qui aiment comprendre comment un phare fonctionne encore aujourd’hui.

À Contis, la lumière tourne toujours. Et lorsqu’on redescend ces 184 marches, on emporte un petit quelque chose avec soi : un calme, une sensation d’espace, un souvenir qui reste accroché plus longtemps qu’on l’aurait pensé.

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Charlie
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