Les Izu Islands offrent un autre visage de Tokyo : celui d’un archipel volcanique posé dans le Pacifique, entre plages claires, forêts épaisses, sources chaudes, falaises noires et villages tournés vers la mer. À quelques heures de la capitale japonaise, ces îles restent moins connues que Kyoto, Osaka ou Okinawa, mais elles parlent aux voyageurs qui aiment prendre le temps, marcher sur des terres de lave, se baigner dans une eau limpide, goûter du poisson frais et retrouver cette sensation rare d’être loin sans partir au bout du monde. De Izu Ōshima à Hachijō-jima, en passant par Niijima, Shikinejima ou Kōzushima, chaque île a son caractère, entre ambiance sauvage, bains en plein air, surf, snorkeling, randonnées et couchers de soleil sur l’océan.
Où se trouvent les Izu Islands ?
Les Izu Islands, ou îles Izu, forment un archipel japonais posé dans l’océan Pacifique, au sud de Tokyo et au large de la péninsule d’Izu. Sur la carte, elles semblent déjà filer vers le grand large. Pourtant, elles dépendent administrativement de la métropole de Tokyo. C’est peut-être ce contraste qui les rend si étonnantes : vous quittez la capitale, ses gares, ses néons, son rythme précis, puis vous arrivez dans un Japon de volcans, de ports tranquilles, de plages noires ou dorées, de forêts épaisses et de sources chaudes.
L’archipel s’étire sur plusieurs centaines de kilomètres depuis la baie de Tokyo vers le sud. Les îles les plus souvent visitées sont Izu Ōshima, Toshima, Niijima, Shikinejima, Kōzushima, Miyakejima, Mikurashima, Hachijō-jima et Aogashima. Elles ont chacune leur relief, leur ambiance, leurs accès et leur manière de vous retenir un peu plus longtemps que prévu.
À retenir : les Izu Islands conviennent très bien si vous cherchez un Japon maritime, volcanique et moins attendu, sans partir jusqu’à Okinawa. Elles restent proches de Tokyo, mais donnent vite la sensation d’un vrai départ.
Quand partir dans les Izu Islands ?
Le meilleur moment dépend surtout de votre façon de voyager. Les îles Izu ne se résument pas à une destination de plage. On peut y venir pour marcher sur les flancs d’un volcan, se baigner dans une crique claire, observer les camélias, plonger, surfer, se poser dans un onsen ou simplement ralentir face au Pacifique.
Pour la randonnée et les paysages volcaniques, le printemps et l’automne sont souvent les périodes les plus agréables. Les températures restent plus douces, la lumière est belle, les sentiers sont plus confortables. L’été se prête davantage à la baignade, au snorkeling, au surf et à la plongée, mais il attire aussi plus de visiteurs japonais, surtout pendant les vacances.
Sur Izu Ōshima, les camélias fleurissent de janvier à début avril, avec un pic très intéressant entre fin février et mi-mars. C’est une saison à part, plus calme, plus florale, loin de l’image purement balnéaire que l’on peut parfois coller aux îles.
Quelques repères simples pour choisir votre période :
- Janvier à mars : camélias à Ōshima, sources chaudes, ambiance paisible.
- Avril à juin : randonnées, végétation verte, climat souvent agréable.
- Juillet à septembre : baignade, snorkeling, surf, plongée, avec plus de monde et une météo parfois capricieuse.
- Octobre à novembre : très bon moment pour marcher, explorer et profiter des îles avec davantage de calme.
- Hiver : atmosphère plus sauvage, onsen, camélias, parfois observation des baleines vers Hachijō-jima.
Un point mérite votre attention : les Izu Islands sont exposées au vent, à la houle et aux typhons. Les ferries peuvent être retardés ou annulés. Si votre planning est serré, surtout avant un vol international, gardez une marge.
Des îles façonnées par les volcans et la mer
Les Izu Islands sont avant tout des îles volcaniques. Cela se voit partout : dans les falaises sombres, les plages de sable noir, les coulées de lave, les sources chaudes, les sols fertiles et les reliefs qui plongent brusquement dans l’océan. Ici, la géologie n’est pas un simple décor. Elle donne aux îles leur caractère.
Cette origine volcanique a aussi influencé la vie locale. Les habitants ont appris à composer avec des terres isolées, parfois rudes, mais généreuses. La pêche, les cultures, les produits de la mer, les camélias et l’huile de camélia font partie de l’identité de plusieurs îles, notamment Ōshima et Toshima. Sur Ōshima, les camélias sont omniprésents. À Toshima, ils couvrent une grande partie du territoire et façonnent le paysage autant que les usages.
Certaines îles portent encore les traces d’épisodes volcaniques forts. Aogashima impressionne par sa double caldeira : une île-cratère avec un relief volcanique au centre, comme si la terre avait gardé une cicatrice ouverte. Miyakejima, elle, reste liée au volcan Oyama et à un relief marqué par l’activité éruptive. Ces paysages rappellent que l’archipel n’est pas figé. Il vit, se transforme, se couvre de végétation, puis révèle soudain sa nature brute.
À quoi ressemblent les paysages des Izu Islands ?
Les paysages des Izu Islands changent beaucoup d’une île à l’autre. Leur point commun reste cette rencontre permanente entre la roche volcanique, la végétation et le Pacifique. Vous passez d’un désert noir à une plage claire, d’un sentier forestier à une falaise battue par les vagues, d’un bassin d’eau chaude à une route panoramique ouverte sur l’océan.
Sur Izu Ōshima, le mont Mihara domine l’île. Le paysage devient minéral, presque lunaire, surtout autour d’Ura-Sabaku et des zones de lave. Les pentes noires, les courbes du volcan et l’absence de végétation par endroits donnent une sensation rare au Japon : celle de marcher sur une terre encore très proche de son origine.
Sur Niijima, le décor bascule vers un univers plus balnéaire. L’île est connue pour ses longues plages, ses falaises claires, ses eaux limpides et ses spots de surf. Habushiura Beach donne une vraie impression d’ouverture, avec une ligne de sable étirée face au Pacifique.
Shikinejima offre une ambiance plus douce. L’île est petite, facile à parcourir, avec des criques, des routes calmes, des plages accessibles et des sources chaudes naturelles au bord de la mer. Elle convient bien aux voyageurs qui aiment se déplacer lentement, à pied ou à vélo.
Sur Kōzushima, les paysages se font plus lumineux. Les plages, les rochers, les eaux turquoise et les sentiers du mont Tenjo composent une île très équilibrée entre mer et montagne. La nuit, le ciel devient l’un de ses grands atouts : l’île est reconnue pour la qualité de son observation des étoiles.
Hachijō-jima possède une atmosphère plus subtropicale. Le relief volcanique, les routes panoramiques, les pâturages, la végétation abondante et les côtes de lave donnent une île plus vaste, plus verte, presque plus lointaine. Quant à Aogashima, elle reste à part : une île de falaises, de caldeira, de silence et de bout du monde.
Que voir et que faire dans les Izu Islands ?
Les activités dépendent beaucoup de l’île choisie. Pour un premier séjour, mieux vaut sélectionner une ou deux îles et leur consacrer du temps. Chaque île a son rythme. Vouloir tout cocher transformerait vite le voyage en course entre les ports.
Voici les grandes expériences à prévoir selon votre envie de voyage :
- Izu Ōshima : randonner sur le mont Mihara, marcher dans le désert noir d’Ura-Sabaku, observer les strates volcaniques de Semba, profiter des onsen et découvrir les camélias en saison.
- Niijima : surfer à Habushiura Beach, se baigner à Mamashita Beach, voir les sculptures Moyai, visiter le centre dédié au verre de Niijima et se poser dans les bains de Yunohama.
- Shikinejima : explorer les criques, circuler à vélo, se baigner dans des bassins chauds naturels, alterner plages et petites routes tranquilles.
- Kōzushima : faire du snorkeling vers l’Akasaki Promenade, monter au mont Tenjo, profiter des plages et rester dehors le soir pour regarder les étoiles.
- Mikurashima : partir en sortie encadrée pour voir les dauphins sauvages, marcher avec un guide nature et respecter une île très protégée.
- Hachijō-jima : randonner sur le mont Hachijō-Fuji, plonger, faire du snorkeling, profiter des sources chaudes, rouler sur les routes panoramiques et découvrir une île plus subtropicale.
- Aogashima : venir pour la double caldeira, les panoramas, les phénomènes géothermiques, le ciel nocturne et l’impression de voyager très loin, même en restant dans la préfecture de Tokyo.
Les Izu Islands séduisent aussi par les petits moments moins planifiés : attendre un ferry sur un quai, manger du poisson frais, se baigner après une marche, regarder les nuages accrocher un volcan, discuter avec un habitant dans une pension familiale. C’est souvent là que le voyage prend sa vraie couleur.
Quelle île choisir pour un premier voyage ?
Le choix de l’île dépend de votre temps, de votre budget et de votre tolérance aux imprévus. Certaines îles sont très accessibles depuis Tokyo, d’autres demandent une organisation plus souple.
| Durée sur place | Îles conseillées | Pour quel type de voyage ? |
|---|---|---|
| 2 jours | Izu Ōshima | Volcan, onsen, randonnée, accès simple depuis Tokyo |
| 3 jours | Niijima + Shikinejima | Plages, surf, vélo, sources chaudes naturelles |
| 3 à 4 jours | Kōzushima | Snorkeling, randonnée, ciel étoilé, plages calmes |
| 4 jours | Hachijō-jima | Nature subtropicale, plongée, onsen, randonnées |
| 5 jours et plus | Hachijō-jima + Aogashima | Voyage plus isolé, paysages volcaniques rares |
Pour une première découverte, Izu Ōshima reste souvent le choix le plus simple. L’île combine accès facile, volcan, onsen, paysages puissants et vraie ambiance insulaire. Si vous cherchez davantage la mer, les plages et une atmosphère détendue, Niijima et Shikinejima forment un très beau duo. Pour un voyage plus nature, Kōzushima ou Hachijō-jima offrent plus d’espace, de relief et d’activités.
Comment organiser son voyage depuis Tokyo ?
Depuis Tokyo, le principal point de départ maritime est Takeshiba Pier. Les ferries de nuit desservent plusieurs îles de l’archipel, notamment Ōshima, Toshima, Niijima, Shikinejima et Kōzushima vers le sud. Une autre ligne rejoint Miyakejima, Mikurashima et Hachijō-jima.
Certaines îles sont aussi accessibles en avion. Ōshima se rejoint rapidement depuis l’aéroport de Chofu, tout comme Niijima. Hachijō-jima est reliée à Tokyo par avion depuis Haneda. Ces vols réduisent fortement le temps de trajet, mais ils peuvent coûter plus cher et restent eux aussi dépendants de la météo.
Pour construire votre séjour, partez sur une base simple : moins vous avez de jours, plus vous devez viser une île facile. Les Izu Islands demandent de la souplesse. La mer, le vent ou la saison peuvent modifier les horaires. Ce n’est pas une destination où l’on empile les correspondances sans marge.
Avant de réserver, vérifiez surtout :
- les horaires de ferry ou d’avion dans les deux sens ;
- les conditions d’annulation liées à la météo ;
- la disponibilité des hébergements, surtout sur les petites îles ;
- la possibilité de louer un vélo, un scooter ou une voiture selon l’île ;
- la présence de restaurants ouverts hors saison ;
- votre marge de retour si vous avez un vol international ensuite.
Sur les îles les plus reculées, comme Aogashima, l’organisation devient plus délicate. L’accès se fait depuis Hachijō-jima, en bateau ou en hélicoptère. Les hébergements sont peu nombreux, les places limitées et la météo peut changer les plans. Ce type d’île se savoure mieux avec du temps, de la patience et une vraie envie d’accepter l’imprévu.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
Les Izu Islands ne se visitent pas comme une grande ville japonaise. Les transports sont moins fréquents, les commerces plus rares, les restaurants parfois fermés, les distributeurs moins nombreux selon l’île. Cela fait partie du charme, mais cela demande un minimum d’anticipation.
Prévoyez de l’argent liquide, des vêtements adaptés au vent, des chaussures confortables, une protection solaire, un maillot, une serviette compacte et de quoi patienter si un bateau est retardé. Pour les randonnées volcaniques, évitez de partir trop léger : la météo peut changer vite, même sur une île ensoleillée au départ.
Respectez aussi les règles locales. Certaines zones naturelles sont fragiles. À Mikurashima, par exemple, les activités sont très encadrées afin de protéger l’environnement. Sur les plages, près des onsen ou sur les sentiers, restez dans une approche simple : ne rien laisser, ne rien prélever, ne pas forcer le contact avec la faune.
Les Izu Islands récompensent les voyageurs qui acceptent de ralentir. Vous n’y venez pas seulement pour voir des points d’intérêt. Vous y venez pour ressentir un autre rythme du Japon, plus marin, plus volcanique, parfois plus brut. Et c’est sans doute ce qui rend l’archipel si attachant.




