Le Japon compte plus de 14 000 îles, et certaines offrent des visages du pays que l’on ne soupçonne pas toujours depuis Tokyo, Kyoto ou Osaka. Des forêts anciennes de Yakushima aux eaux turquoise d’Okinawa, des falaises fleuries de Rebun aux installations artistiques de Naoshima, chaque île possède une identité très marquée. Certaines se parcourent pour leurs plages, d’autres pour randonner, observer une nature préservée, découvrir des villages isolés ou visiter des sanctuaires comme ceux de Miyajima. Pour vous aider à choisir selon votre voyage, voici 15 des plus belles îles japonaises à visiter, du nord d’Hokkaido jusqu’aux archipels subtropicaux du sud.
1. Yakushima, pour marcher au cœur d’une nature presque intacte

Au sud de Kyushu, dans la préfecture de Kagoshima, Yakushima est probablement l’île à privilégier si votre voyage au Japon est guidé par la nature. Son relief montagneux est couvert de forêts anciennes où poussent mousses, fougères et yakusugi, les cèdres japonais propres à l’île. Environ un cinquième de son territoire est inscrit au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO, tandis que huit sommets dépassent 1 800 mètres, dont le Miyanoura-dake à 1 936 mètres.
Yakushima reçoit des précipitations abondantes, responsables en grande partie de cette végétation spectaculaire. Le printemps et l’automne sont généralement les périodes les plus agréables pour marcher. Prévoyez au moins deux journées complètes, et plutôt trois ou quatre si vous souhaitez alterner grandes randonnées et découverte du littoral.
Parmi les lieux et activités à retenir :
- parcourir les sentiers forestiers de Shiratani Unsuikyo ;
- entreprendre la longue randonnée jusqu’au Jomon Sugi, le cèdre emblématique de l’île ;
- découvrir la cascade Oko-no-taki et la route côtière occidentale ;
- rejoindre Nagata Inakahama, plage connue pour la ponte des tortues marines ;
- gravir le Miyanoura-dake si vous êtes un marcheur expérimenté ;
- observer les macaques et les cerfs qui vivent sur l’île.
Depuis Kagoshima, comptez environ 40 minutes en avion ou autour de 2 h 30 en bateau rapide. Yakushima convient particulièrement aux voyageurs attirés par la randonnée, les cascades, la photographie et les grands espaces forestiers.
2. Miyajima, entre sanctuaire, montagne et mer intérieure

Face à Hiroshima, Miyajima, officiellement appelée Itsukushima, concentre dans un espace réduit plusieurs des images les plus connues du Japon. Son grand torii vermillon semble flotter sur la mer à marée haute, devant le sanctuaire d’Itsukushima, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. À marée basse, le paysage change complètement et permet d’approcher le torii à pied.
L’île mérite pourtant davantage qu’un passage devant le sanctuaire. Le temple Daishoin, le parc Momijidani et surtout le mont Misen permettent de s’éloigner rapidement des rues les plus fréquentées. Vous pouvez rejoindre les hauteurs à pied ou utiliser en partie le téléphérique. Au retour, les ruelles invitent à goûter les huîtres d’Hiroshima et les fameux momiji manju, petits gâteaux moulés en forme de feuille d’érable.
Miyajima se prête parfaitement à une excursion depuis Hiroshima, mais passer une nuit sur place est une très bonne idée. Une fois les visiteurs à la journée repartis, l’ambiance devient beaucoup plus paisible. Comptez environ 30 minutes de train depuis Hiroshima jusqu’à Miyajimaguchi, puis une dizaine de minutes de ferry.
3. Naoshima, l’île japonaise devenue un musée à ciel ouvert

Dans la mer intérieure de Seto, Naoshima ne couvre qu’environ 8 km², mais son influence dépasse largement sa taille. L’île est devenue une référence mondiale pour l’art contemporain grâce à ses musées, ses installations et ses bâtiments signés notamment par Tadao Ando. La mer, les collines et les villages font partie intégrante de la visite.
Le Chichu Art Museum, le Benesse House Museum, les œuvres de Yayoi Kusama ou encore l’Art House Project de Honmura occupent facilement une journée entière. Même le bain public I♥湯 a été transformé en œuvre artistique. Entre deux visites, le vélo constitue un excellent moyen de rejoindre les plages, les ports et les différents espaces culturels.
Une journée bien remplie permet d’en voir beaucoup, mais une nuit sur Naoshima rend le séjour nettement plus agréable. L’île s’intègre particulièrement bien à un itinéraire reliant Kyoto, Okayama, Takamatsu et Hiroshima. Les ferries partent notamment d’Uno et de Takamatsu.
4. Teshima, pour associer art contemporain et campagne japonaise
Moins connue que Naoshima, Teshima propose une expérience plus rurale. Les routes passent entre vergers, petits villages et rizières en terrasses avant de redescendre vers la mer intérieure de Seto. L’art contemporain y est très présent, mais il s’insère dans un environnement agricole encore très marqué.
Le lieu phare reste le Teshima Art Museum, dont l’architecture dialogue directement avec le relief et la lumière. Vous pouvez également découvrir les Archives du Cœur, Teshima Yokoo House, Karato Spring et plusieurs installations réparties dans l’île. Le vélo électrique est particulièrement adapté aux petites routes et aux dénivelés.
Une journée suffit pour Teshima. Vérifiez cependant les jours et horaires d’ouverture des musées avant votre traversée, certains établissements pouvant être fermés le mardi ou fonctionner selon un calendrier particulier. Si Naoshima vous attire mais que vous recherchez davantage de calme et de paysages ruraux, Teshima constitue un très bon choix.
5. Shodoshima, entre oliviers, montagnes et villages de Setouchi

Shodoshima possède une identité à part dans la mer intérieure de Seto. Son climat doux, ses collines et ses oliveraies lui ont valu le surnom de « Méditerranée du Japon ». L’île est d’ailleurs considérée comme le berceau de la culture japonaise de l’olivier.
Les paysages les plus connus se trouvent dans les gorges de Kankakei, particulièrement séduisantes lorsque les feuillages changent de couleur en automne. Vous pourrez aussi découvrir le Shodoshima Olive Park, les rizières en terrasses de Nakayama Senmaida, les anciennes fabriques de sauce soja et Angel Road, une langue de sable accessible uniquement lorsque la marée le permet. L’île possède également son propre pèlerinage reliant 88 temples.
Ne sous-estimez pas les distances : le tour de Shodoshima représente environ 82 kilomètres. La voiture offre donc une vraie liberté et permet d’explorer les petites routes sans organiser toute la journée autour des transports publics. Deux jours sont préférables pour profiter de l’île sans courir.
6. Amami-Oshima, pour combiner jungle, mangrove et plages
Située entre Kyushu et Okinawa, Amami-Oshima constitue une alternative séduisante aux îles les plus connues de l’archipel d’Okinawa. Environ 65 % de son territoire est couvert de forêt, tandis que la côte alterne récifs coralliens, plages claires et vastes zones de mangrove. Sa biodiversité lui a valu une inscription au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO en 2021.
Une sortie en kayak dans la mangrove permet de découvrir l’un des milieux les plus caractéristiques de l’île. Vous pouvez ensuite explorer la forêt subtropicale de Kinsakubaru, rejoindre Honohoshi Coast, faire du snorkeling ou partir avec un guide pour observer la faune nocturne. Amami-Oshima abrite notamment le très rare lapin d’Amami. La culture locale mérite aussi une place dans votre séjour avec le textile en soie Oshima tsumugi et le keihan, plat de riz, poulet et bouillon.
Prévoyez trois à cinq jours. Des vols relient l’île à Tokyo, Osaka et Kagoshima ; depuis cette dernière, le trajet aérien dure environ 50 minutes. Amami-Oshima est particulièrement adaptée à ceux qui souhaitent associer mer et forêt sans choisir une destination uniquement balnéaire.
7. Miyakojima, pour les plages et les eaux turquoise
Si vous recherchez avant tout la mer, Miyakojima fait partie des îles japonaises les plus convaincantes. Son relief relativement plat contraste avec une côte bordée de sable clair, de récifs et d’une eau réputée pour sa transparence.
Yonaha Maehama Beach, longue d’environ sept kilomètres, est l’une de ses plages emblématiques. Aragusuku Beach attire davantage les amateurs de snorkeling, tandis que le cap Higashi-Hennazaki dévoile un paysage plus sauvage. Le grand intérêt de Miyakojima vient aussi de ses ponts : Irabu, Shimoji, Ikema et Kurima peuvent être intégrées à un road trip entre plusieurs petites îles sans multiplier les traversées en bateau.
Trois à cinq jours constituent une bonne durée. Avril offre généralement des conditions intéressantes avant la saison des pluies, qui intervient habituellement à Okinawa entre la mi-mai et la fin juin. De juin à septembre, le risque de typhon doit également entrer dans la préparation de votre séjour.
8. Ishigaki, la meilleure base pour explorer les Yaeyama
Plus animée que plusieurs îles voisines, Ishigaki associe plages, récifs, collines et une petite ville dotée d’un choix appréciable de restaurants et d’hébergements. Sa situation en fait surtout le point de départ idéal pour rayonner dans les îles Yaeyama.
La baie de Kabira est le paysage le plus emblématique de l’île, avec ses petites îles couvertes de végétation posées dans une mer turquoise. Yonehara et Sukuji offrent d’autres visages du littoral, tandis que la péninsule de Hirakubo conserve un caractère beaucoup plus sauvage. Ishigaki constitue également une destination reconnue pour la plongée, le snorkeling et les sorties consacrées aux raies manta.
Deux ou trois jours permettent de visiter l’île elle-même. Si vous souhaitez l’utiliser comme base pour rejoindre Taketomi, Iriomote, Kohama ou Kuroshima, partez plutôt sur cinq à sept jours dans l’archipel. Une voiture facilite largement les déplacements sur Ishigaki.
9. Taketomi, pour découvrir un village traditionnel d’Okinawa
À seulement quelques kilomètres d’Ishigaki, Taketomi offre un changement d’ambiance immédiat. Son village ryukyu conserve ses maisons basses aux toits de tuiles rouges, ses statues de shisa, ses murs en calcaire et ses ruelles recouvertes de sable corallien blanc.
L’île se parcourt très facilement à vélo. Vous pourrez ainsi passer du village à Kondoi Beach, puis rejoindre Kaiji Beach, connue pour son « sable étoilé ». Ces petites formes ne sont pas des grains de sable au sens classique, mais les enveloppes calcaires de minuscules foraminifères. Le ponton de Nishi Pier offre quant à lui un agréable point de vue sur la mer, notamment en fin de journée.
Le ferry depuis Ishigaki ne prend qu’environ 10 minutes, ce qui explique la popularité des excursions à la journée. Passer une nuit à Taketomi permet toutefois de retrouver un village beaucoup plus paisible après le départ des derniers bateaux.
10. Iriomote, pour s’enfoncer dans la jungle d’Okinawa
Avec ses vastes forêts subtropicales et ses zones inhabitées, Iriomote offre un visage très différent des plages de Miyakojima ou de Taketomi. Une grande partie de l’île est couverte de jungle et de mangroves, un environnement qui lui a valu d’intégrer le patrimoine naturel mondial de l’UNESCO en 2021.
La découverte passe surtout par l’eau et les sentiers. Vous pouvez remonter la rivière Urauchi, partir en kayak dans les mangroves ou rejoindre des cascades comme Pinaisara, haute de 55 mètres, et Mariyudu Falls. Les sorties naturalistes nocturnes permettent également d’aborder la richesse de la faune locale. L’île abrite le chat d’Iriomote, une sous-espèce sauvage extrêmement rare dont les observations restent exceptionnelles.
Iriomote est accessible uniquement en bateau depuis Ishigaki, avec environ 35 à 50 minutes de traversée selon votre port d’arrivée. Comptez deux à trois jours pour réellement profiter de l’île.
11. Zamami, pour profiter du fameux « Kerama Blue »
À courte distance de Naha, Zamami est l’une des îles les plus faciles à ajouter à un séjour sur l’île principale d’Okinawa. Elle appartient aux Kerama, connues pour la couleur intense de leurs eaux, souvent désignée sous le nom de Kerama Blue.
L’île se prête particulièrement bien à un séjour tourné vers la mer :
- nager ou faire du snorkeling à Furuzamami Beach ;
- rejoindre les eaux plus calmes d’Ama Beach ;
- explorer le littoral en kayak ;
- prendre de la hauteur depuis les points de vue de Takatsukiyama ;
- admirer le coucher du soleil sur la côte occidentale ;
- partir observer les baleines à bosse en hiver.
Depuis le port de Tomari à Naha, comptez environ 50 minutes en ferry rapide ou près de deux heures avec le ferry classique. Il est possible de venir à la journée, mais deux nuits permettent de mieux profiter du rythme de Zamami.
12. Sado, pour découvrir un Japon rural tourné vers la mer
Au large de Niigata, Sado change totalement de registre. Pas de récifs tropicaux ici : l’île présente un littoral rocheux, des montagnes, des rizières en terrasses et de petites communautés tournées vers la pêche. Ses anciennes mines d’or et d’argent, désormais inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, constituent l’un de ses grands sites culturels.
Le relief et la côte donnent beaucoup de variété à un road trip. Vous pourrez rejoindre la baie de Senkakuwan, les falaises et prairies d’Onogame, les rizières d’Iwakubi ou les villages d’Ogi et de Shukunegi. Les petits bateaux circulaires tarai-bune font partie des curiosités locales. Sado est aussi étroitement associée au taiko, notamment avec le groupe Kodo, ainsi qu’au toki, l’ibis nippon réintroduit sur l’île.
Prévoyez au moins deux à trois jours. Depuis Niigata, la traversée prend environ 67 minutes en jetfoil ou autour de 2 h 30 en car-ferry. Sado correspond particulièrement bien aux voyageurs qui souhaitent s’éloigner des itinéraires japonais les plus fréquentés.
13. Rishiri, une montagne volcanique face à la mer
Tout au nord du Japon, au large d’Hokkaido, Rishiri s’organise autour d’une silhouette impossible à manquer : le mont Rishiri. Ce volcan de 1 721 mètres occupe le centre de l’île et lui vaut le surnom de Rishiri-Fuji en raison de sa forme régulière.
Son ascension s’adresse aux randonneurs bien préparés et se pratique principalement entre la fin juin et le début octobre. Si vous préférez rester près du littoral, une piste cyclable d’environ 25 kilomètres permet de découvrir une partie du nord de l’île, entre petits ports, caps et paysages maritimes. Lacs et zones humides offrent également plusieurs points de vue sur la montagne.
Rishiri se découvre en une ou deux journées, davantage si vous prévoyez l’ascension. Profitez aussi du séjour pour goûter les produits emblématiques de cette partie d’Hokkaido, notamment l’oursin et le kombu.
14. Rebun, pour randonner entre fleurs sauvages et falaises
Voisine de Rishiri, Rebun est moins montagneuse mais possède des paysages côtiers particulièrement singuliers. Des centaines de variétés de plantes alpines peuvent pousser presque au niveau de la mer, ce qui lui a valu le surnom de « Floating Island of Flowers ».
Les itinéraires passent par le Momoiwa Observatory, Cape Sukoton et Cape Gorota avant de longer prairies et falaises dominant la mer. Par temps clair, la silhouette du mont Rishiri apparaît à l’horizon et accompagne une partie des randonnées.
La période de juin à août est la plus intéressante pour profiter des floraisons. Rebun et Rishiri sont reliées en bateau en environ 45 minutes et se combinent donc très facilement. Trois jours permettent de découvrir les deux îles dans de bonnes conditions.
15. Chichijima, l’aventure tropicale à 1 000 kilomètres de Tokyo
Administrativement rattachée à Tokyo mais située environ 1 000 kilomètres au sud de la capitale, Chichijima appartient à l’archipel d’Ogasawara. Classées au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO, ces îles offrent un Japon subtropical, isolé au milieu du Pacifique et tourné vers la mer.
Sur place, plusieurs expériences justifient ce long déplacement :
- rejoindre les plages de Miyanohama et Tsurihama ;
- pratiquer snorkeling, plongée ou kayak de mer ;
- marcher dans les forêts subtropicales ;
- partir en mer observer dauphins et baleines ;
- profiter d’un ciel nocturne très peu affecté par la pollution lumineuse ;
- participer à une excursion vers Minamijima lorsque les conditions et les règles d’accès l’autorisent.
L’accès constitue la principale contrainte : Chichijima ne possède pas d’aéroport. Le ferry Ogasawara-maru met environ 24 heures depuis Tokyo, au départ du terminal Takeshiba, et les rotations ne sont pas quotidiennes. Cette île se prête donc davantage à un voyage construit autour d’Ogasawara qu’à une simple extension de deux jours. Pour les voyageurs attirés par les destinations isolées, la plongée et la faune marine, le trajet fait pleinement partie de l’expérience.




