Taghazout, c’est ce village blanc posé face à l’Atlantique où le temps semble ralentir sans jamais s’arrêter. Ancien repaire de pêcheurs devenu spot de surf réputé, il garde une âme simple, tournée vers la mer et la lumière. Nous y avons trouvé un équilibre rare : des journées rythmées par les vagues, des couchers de soleil qui teintent les toits de rose, des cafés où l’on reste plus longtemps que prévu. Que vous veniez pour glisser sur l’eau, randonner dans l’arrière-pays ou simplement savourer la douceur de vivre marocaine, Taghazout a cette façon naturelle de vous accueillir comme si vous étiez déjà un habitué.
Du refuge hippie à la station d’envergure internationale

Quand nous marchons dans les ruelles escarpées du vieux village, difficile d’imaginer que Taghazout n’était qu’un simple village de pêcheurs il y a quelques décennies. Ici, la vie suivait le rythme des marées et des saisons de l’Atlas. Les barques en bois coloré, les filets étendus au soleil et les discussions sur le port racontent encore cette époque.
Dans les années 1960 et 1970, le village attire une autre vague : celle des voyageurs hippies venus d’Europe. Ils cherchent l’isolement, la lumière, cette côte encore sauvage baignée de soleil presque toute l’année. Ils dorment sur la plage, partagent les repas, vivent simplement. Cette période façonne l’ADN de Taghazout : accueil spontané, ambiance détendue, sensation d’être loin de tout.
Puis, à la fin des années 2010, un nouveau chapitre s’ouvre avec le développement de Taghazout Bay. Au sud du village historique, une station moderne voit le jour : hôtels haut de gamme, villas face à l’océan, golf 18 trous dessiné par Kyle Phillips, larges avenues bordées de palmiers. Nous avons été frappés par ce contraste.
Aujourd’hui, Taghazout offre deux visages :
- Un vieux village aux façades blanches et bleues, ruelles étroites, cafés bohèmes et toits-terrasses face à l’Atlantique.
- Une station balnéaire contemporaine, structurée, tournée vers un tourisme plus haut de gamme.
Ce mélange peut surprendre. Mais il raconte aussi l’évolution du Maroc et la place croissante du surf et du tourisme dans son économie.
La Mecque du surf en Afrique

Si nous revenons à Taghazout, encore et encore, c’est pour l’océan.
La côte est dessinée de pointes rocheuses qui créent des droites longues et régulières. Entre octobre et avril, les houles de l’Atlantique Nord réveillent les spots mythiques. Certains jours, voir dérouler Anchor Point au coucher du soleil reste un moment suspendu.
Que vous soyez débutant ou surfeur aguerri, il existe un spot adapté à votre niveau :
- Anchor Point – La droite la plus célèbre du Maroc, longue, puissante, réservée aux surfeurs expérimentés.
- Killer Point – Rapide, exigeante, avec des sections creuses impressionnantes.
- Hash Point – En plein cœur du village, plus accessible, ambiance détendue.
- Panorama Beach – Parfait pour apprendre, fond sableux et vagues plus douces.
- Mysteries, Boilers, La Source, Tamri – Autant d’options selon la houle et votre niveau.
Nous aimons cette diversité. Le matin, chacun part de son côté selon son envie et son énergie. L’après-midi, on se retrouve autour d’un thé ou d’un jus frais pour raconter la meilleure vague du jour.
Même si vous ne surfez pas, rester sur la falaise pour observer les silhouettes glisser sur l’eau fait déjà partie de l’expérience.
Yoga, travail et slow life

Taghazout ne se résume pas à la performance sportive. Nous y avons aussi trouvé un rythme plus doux.
Au lever du soleil, les terrasses face à l’océan accueillent des séances de yoga. Respirer face aux vagues, sentir la chaleur monter doucement, commencer la journée ainsi change tout. Le soir, certaines retraites proposent méditation et étirements au son de l’Atlantique.
Le village attire aussi de nombreux nomades digitaux. Les cafés équipés de wifi rapide sont devenus des lieux de vie où l’on alterne travail et baignade. On y croise des graphistes, développeurs, photographes, installés pour plusieurs semaines.
Ce que nous aimons ici :
- Travailler le matin avec vue sur l’océan.
- Aller surfer ou marcher sur la plage en pause déjeuner.
- Retrouver des amis autour d’un dîner simple et sain.
À Taghazout, beaucoup viennent pour quelques jours… et prolongent leur séjour sans vraiment l’avoir prévu.

Explorer l’arrière-pays : une autre facette du voyage
Pour nous, découvrir Taghazout ne s’arrête pas à la côte. Il suffit de prendre la route vers l’intérieur des terres pour changer complètement de décor.
La Vallée du Paradis reste l’excursion la plus connue : bassins naturels d’eau claire, palmiers, rochers sculptés par le temps. Se baigner après une courte randonnée est un vrai plaisir, surtout en dehors des périodes d’affluence.
Plus loin, les montagnes dévoilent une culture amazighe vivante. Nous avons partagé un thé à la menthe chez l’habitant, goûté au miel local, observé les arganiers et appris comment l’huile est produite dans les coopératives féminines.
Voici quelques idées d’escapades :
- Vallée du Paradis – Randonnée et baignade à environ 1h de route.
- Imouzzer – Cascades saisonnières et traditions autour du miel.
- Sommet El Gouz – Panorama à plus de 1 100 mètres d’altitude.
- Dunes de Timlalin – Dunes plongeant vers l’océan, idéales pour le sandboarding.
- Imsouane – Port de pêche et vague réputée pour sa longueur.
Ces sorties apportent de la profondeur au séjour. Elles permettent de mieux saisir la richesse du territoire, au-delà des plages et des planches de surf.
Taghazout, entre énergie et douceur
Ce qui nous touche à Taghazout, c’est cet équilibre fragile entre tradition et modernité, performance et lenteur, village et station balnéaire. On peut y venir pour surfer, pour se reposer, pour travailler à distance ou pour explorer l’Atlas.
Et souvent, on repart avec l’envie d’y revenir.
Entre criée matinale et rooftops face à l’Atlantique
À Taghazout, la cuisine raconte autant d’histoires que les vagues.
Tôt le matin, nous aimons descendre vers le port pour assister à la criée. Les barques bleues reviennent chargées de dorades, de loups, de sardines, parfois de crustacés. Les enchères s’enchaînent rapidement, dans une ambiance vivante et authentique. Ce poisson ultra frais finit soit dans les cuisines familiales du village, soit dans les assiettes plus sophistiquées des restaurants de la station.
À quelques kilomètres, à Aourir – que tout le monde surnomme Banana Village – l’expérience est différente. On achète son poisson au marché, puis on le confie à une petite échoppe qui le grille au charbon de bois, simplement relevé de chermoula et de cumin. On mange avec les doigts, autour d’une table en plastique. C’est simple, généreux, inoubliable.
Mais Taghazout ne se limite plus à la tradition. La scène culinaire s’est élargie vers des influences internationales et une cuisine plus végétale. Sur les hauteurs, les rooftops sont devenus les lieux de rendez-vous du soir : vue sur l’océan, musique douce, assiettes colorées.
Quelques adresses que nous aimons particulièrement :
- Munga’s Kitchen – Pizzas au feu de bois et burgers dans une ambiance artistique et décontractée.
- World of Waves (WoW) – Smoothie bowls, tajines revisités et cadre chic face à la mer.
- Dar Joséphine – Cuisine franco-marocaine, atmosphère chaleureuse et intimiste.
- Chez Titrite – Fusion maroco-asiatique avec de belles options végétariennes.
- Café Mouja – Brunch et café de spécialité, repaire des travailleurs nomades.
- Pure Passion – Cuisine internationale et belle carte des vins, ambiance élégante.
On peut passer d’un déjeuner pieds dans le sable à un dîner raffiné avec vue panoramique dans la même journée. Cette diversité reflète parfaitement l’évolution du village.
Accès, logistique et conseils pratiques
Rejoindre Taghazout est devenu simple. L’aéroport d’Agadir Al Massira accueille des vols réguliers depuis la France, notamment au départ de Nantes avec des compagnies comme Ryanair, Transavia ou Volotea. En un peu plus de trois heures, on passe de l’ouest de la France à la lumière de l’Atlantique marocain.
Depuis l’aéroport, comptez environ 45 minutes de route pour rejoindre le village. Taxis privés, taxis collectifs et transferts organisés facilitent l’arrivée. Des services comme “Souk to Surf” relient également les différents spots de la côte, pratique si vous souhaitez explorer Imsouane ou Essaouira sans louer de voiture.
Sur place, voici ce que nous avons appris :
- L’argent liquide reste largement utilisé, même si quelques distributeurs sont disponibles.
- On privilégie l’eau en bouteille pour boire.
- Le soleil tape fort toute l’année : mieux vaut venir avec une bonne protection solaire.
Côté santé et confort, rien de compliqué, mais un minimum d’anticipation rend le séjour beaucoup plus agréable.
Taghazout reste un village à taille humaine. On s’y déplace à pied, on prend le temps, on s’adapte au rythme local. Et c’est aussi ce qui fait tout son charme.

